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La Suisse soumet son deuxième plan climatique (Contribution Déterminée au niveau National - NDC) dans le cadre de l'Accord de Paris, couvrant la période 2031-2035. Ce document s'inscrit dans une urgence climatique accentuée pour le pays, qui enregistre déjà une hausse de température moyenne de 2,8°C par rapport à l'ère préindustrielle. La Suisse réaffirme son engagement à agir de concert avec la communauté internationale pour limiter le réchauffement à 1,5°C.
L'objectif principal de cet engagement est un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'au moins 65% d'ici 2035 par rapport à 1990. Cet objectif sera mis en œuvre sous la forme d'un budget carbone pour toute la période 2031-2035, fixé à 106,8 millions de tonnes d'équivalent CO₂. Cela équivaut à une réduction moyenne d'au moins 59% sur ces cinq ans.
Cette NDC est une étape cruciale vers l'objectif ultime, inscrit dans la loi fédérale, à savoir atteindre zéro émission nette ("net zero") d'ici 2050. La loi sur les objectifs climatiques (LClim), adoptée par votation populaire en 2023, définit un chemin précis: pour la période 2031-2040 une réduction moyenne d'au moins 64%; d'ici 2040 une réduction d'au moins 75%; pour la période 2041-2050 une réduction moyenne d'au moins 89%.
La LClim établit également des cibles indicatives par secteur (bâtiments, transport, industrie, agriculture) pour 2035, 2040 et 2050. Pour atteindre le "net zero" en 2050, la Suisse prévoit de compenser les émissions résiduelles inévitables (estimées entre 13 et 14 millions de tonnes) par des technologies de captage et stockage du carbone (CSC) et par l'élimination du CO₂ de l'atmosphère. Après 2050, la Suisse s'engage sur une trajectoire "négative en carbone", c'est-à-dire à retirer plus de CO₂ de l'atmosphère qu'elle n'en émet.
La Suisse souligne que sa politique climatique est le fruit de sa démocratie directe. La LClim, élaborée comme un contre-projet à l'initiative populaire "pour un climat sain", a été approuvée par le peuple et les cantons. Les mesures concrètes pour atteindre ces objectifs seront définies pas à pas dans des lois spécifiques, comme la future révision de la loi sur le CO₂ pour l'après-2030, garantissant un large débat démocratique.
La Suisse justifie l'ambition de sa contribution en mettant en avant plusieurs facteurs d'équité: sa faible part historique (0,1%) des émissions mondiales. La découplage entre sa croissance économique (+68% depuis 1990) et ses émissions, qui ont diminué. Son engagement financier dans le financement climatique international (711 millions de francs suisses en 2022). Sa forte capacité économique qui lui impose de montrer l'exemple.
La NDC est explicitement alignée sur les préconisations du GIEC pour limiter le réchauffement à 1,5°C. La Suisse reconnaît que son effort se situe légèrement en deçà de ce que requiert une équité stricte par rapport au budget carbone mondial restant, mais souligne la progression par rapport à son précédent engagement (-50% d'ici 2030). Elle continuera à recourir à la coopération internationale (Article 6 de l'Accord de Paris) pour une partie de ses réductions, tout en augmentant la part réalisée sur son territoire.
En conclusion, le deuxième plan climatique de la Suisse pour 2031-2035 présente une ambition renforcée, un cadre législatif solide et une feuille de route détaillée vers la neutralité carbone. Il combine des objectifs nationaux stricts, une approche sectorielle et un engagement en faveur de l'innovation et de la finance verte, le tout fondé sur un large consensus démocratique.
Title:
Switzerland’s second nationally determined contribution under the Paris Agreement 2031–2035.
Country:
Switzerland
Type of document:
Policy
Data source:
Files:
Date of text:
Repealed:
No